Montréal International Reggae Festival, un festival recommandé !

Pour notre premier festival outre atlantique, nous nous sommes rendus au Montréal International Reggae Festival qui, en ce mois d’août 2012, soufflait sa neuvième bougie.

Dés notre arrivée le ton est donné et reste bien différent de ce que nous avons l’habitude de rencontrer dans nos festivals européens. En effet, la sécurité est omniprésente, aussi bien à l’entrée que sur le site lui-même, agents en gilets pare balles et détecteurs de métaux ne sont pas pour rassurer les festivaliers européens comme nous qui ne sont pas habitués à un tel dispositif. L’ambiance du festival n’en reste pas moins agréable et détendue et ce qui ne s’avère être que le protocole habituel n’entache en rien la fête !
Un autre aspect surprenant est l’espace presse qui reste très minimaliste, pas de loges pour les artistes qui font les allers/retours du festival à l’hôtel, et deux petites tentes qui accueillent les artistes pour les interviews. Les interviews sont elles peu encadrées mais le staff média assure néanmoins un minimum d’organisation qui laisse à chacun l’opportunité d’aller à la pêche aux informations !
Nous constatons, en découvrant le site, que nos traditionnels écocup n’ont pas leur place sur le site mais l’écologie n’en est pas moins respectée grâce aux nombreux bacs de recyclages installés un peu partout. Les stands, quant à eux, sont peu nombreux et vendent essentiellement de la nourriture, pas de sound system ni de vendeurs de disques. La nourriture jamaïcaine est délicieuse et est concoctée par des jamaïcains qui représentent une communauté importante à Montréal. Pour accompagner tout cela, comme chez nous, la bière est de rigueur mais pas seulement, les alcools forts (Hennessy, Appleton, rhum&Red Bull) sont aussi vendus aux festivaliers.
Malgré le manque d’aménagement comme des bancs ou des chaises, l’essentiel est là pour passer une bonne soirée au cœur d’un public éclectique et son enthousiasme à reprendre les hits des chanteurs est là pour en témoigner !


Les shows commençaient en général en fin de journée aux environs de 17h et se terminaient à 23h. Le festival à lieu dans le vieux port de Montréal, en ville, et c’est ce qui explique cette fermeture un peu prématurée.

Si l’on revient sur le détail des soirées, nous débutons ce festival avec un peu de retard le vendredi 17 août avec une soirée spécialement dancehall et artistes locaux. Pour ouvrir cette neuvième édition du festival nous retrouvons DJ Poirier et Face T, ils jouent des classiques et des remix. Face T chante 1 tune et se remet en retrait pour ambiancer légèrement, le choix de mise en scène rompt la fluidité du show, le public est peu motivé et le tout rend l’ensemble assez décevant.
L’ambiance commence à chauffer avec Fire Lion qui se révèle être plus un showman qu’un chanteur ou un deejay sur cette prestation.
Pour clôturer cette première soirée c’est Baby Cham en sound system qui entre en scène avec son gros tube « commercial » Ghetto Story où les parties d’Alica Keys sont samplées. Il nous propose un set travaillé, sérieux et une bonne communication avec le public.

Le samedi, Popcaan, la nouvelle pousse du dancehall et protégé de Vybz Kartel, est très attendu. Son jeune âge et son manque d’expérience scénique donnent une prestation plutôt moyenne, il chante faux et laisse le public chanter à sa place très souvent. Cela n’entache pas pour autant l’ambiance assurée par le public caribéen très présent et qui connaît ses hits.
Suit Christopher Martin qui fait un bon set, plus professionnel. Les tunes sont uniquement reggae et à destination en particulier du public féminin, qu’il accompagne d’un jeu scénique dans la même mouvance, un vrai lover ! Avec une voix magnifique il reprend des tubes de Bruno Mars ou encore Marvin Gaye.
Konshens fait ensuite son entrée et enchaîne les big tunes, notamment celles de son dernier album. Il réalise une très bonne prestation avec un set très rythmé, le tout dans une ambiance de plus en plus chaude.
Nous terminons cette soirée du samedi avec Assassin aka Agent Sasco. Le set est puissant et sérieux. Il a mis l’ambiance à son top pour ce dernier concert.
Des artistes de la soirée il est le seul à présenter les musiciens, le célèbre Ruff Cut band, qui a joué toute la soirée non stop (plus de 3h), et à avoir remercié le festival et les autres artistes.
Cette deuxième soirée accuse encore une fois du retard, des set raccourcis et l’annulation du show de Khago.
Dimanche, dernier jour de festival et des grosses têtes d’affiche au programme.
Romain Virgo et Tarrus Riley ont enchainé des shows calés à la perfection. Les musiciens sont très bons et le show nous ravi aussi bien les oreilles que les yeux. La palme revient à Jimmy Cliff qui fait honneur à sa carrière avec une énergie incroyable. Il clôture cette neuvième édition en beauté avec pour dernier titre une Groundation Nyabinghi.

En résumé, cette première expérience québécoise de l’organisation d’un festival reggae reste mitigée car nous sommes trop peu habitués à un mode d’organisation aussi peu encadré et le manque de rigueur dans la ponctualité des shows ne donne pas l’impression d’un festival rodé depuis 9 ans déjà. Néanmoins en tant que festivalier, l’immersion au cœur d’un public en majorité caribéen nous transporte dans une ambiance typique et survoltée qui ne nous est pas donné d’expérimenter ici en Europe.
Pour conclure, un festival recommandé !